Rencontre avec Sunand Tryambak Joshi, essayiste, critique littéraire et auteur, entre autres, de la biographie de référence I am Providence / Je suis providence.

(The original version in English can be found here. )

Bonjour M. Joshi. Merci encore d’avoir accepté si rapidement et si gentiment de répondre à mes questions. Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore , pourriez-vous vous présenter s’il vous plait ?

S.T. Joshi — Photo Emily Marija Kurmis

Je suis né en Inde en 1958 à Pune (Poona) et je suis arrivé aux Etats-Unis avec ma famille en 1963. J’ai découvert Lovecraft vers 1972 et j’en suis immédiatement tombé amoureux. En fait, j’ai fréquenté la Brown University à Providence dans le Rhode Island pas parce que c’est une grande institution éducative (même si c’est le cas) mais parce que Lovecraft a passé la majeure partie de sa vie à Providence et aussi parce que l’université dispose de nombre de ses manuscrits et documents.

I Am Providence: The Life and Times of H. P. Lovecraft (UNABRIDGED)- Hippocampus Press

Le fonds m’a permis de réaliser une grande partie de mon travail : corriger les textes de fiction de Lovecraft, les essais et la poésie, éditer les lettres de Lovecraft et rédiger une biographie complète, I am Providence , qui a été écrite entre 1993 et 1995, mais seulement publiée dans une version intégrale en 2010. J’ai continué à travailler également sur d’autres auteurs majeurs de weird fiction comme Lord Dunsany, Arthur Machen et Ambrose Bierce.

Au gré des ces entretiens, on se rend compte que la plupart des personnes que j’ai interrogées ont découvert Lovecraft à l’adolescence. Pour votre part, vous dites avoir découvert HPL vers l’âge de 13 ans. D’après-vous, qu’est-ce qui séduit tant les adolescents dans l’œuvre de Lovecraft. Qu’est-ce qui leur parle ?

Je pense que les adolescents (surtout vers l’âge de 13, 14 ou 15 ans) cherchent à s’évader de la réalité quotidienne. C’est une période assez difficile pour eux : le corps subit d’étranges et inquiétants changements, ils vivent la difficile transition de l’enfance à l’état de jeune adulte, et doivent faire face aux responsabilités des adultes, d’une certaine façon.

La littérature d’horreur, de fantasy, et de science-fiction fournit alors une échappatoire salutaire. L’œuvre de Lovecraft (particulièrement sa langue) pourrait paraître sophistiquée pour ces jeunes, et d’une certaine façon elle l’est. Mais les adolescents peuvent en absorber suffisamment pour saisir la nature audacieuse et radicale de ses conceptions (si éloignée des banals fantômes et sorcières de la fiction d’horreur habituelle), et l’incroyable intensité de sa vision. Tout ça peut vraiment vous transporter !

Quel est votre texte préféré de HPL et pourquoi ?

At the Moutain of Madness — Astounding Stories février 1936 — source

J’ai toujours considéré At the Mountain of Madness comme son meilleur récit. Sa partie finale, là où le shoggoth apparait enfin, est pour moi peut-être l’instant le plus terrifiant de l’histoire de la littérature. Il n’y a rien qui l’égale. Mais c’est un texte assez ardu à lire : j’ai moi-même tenté de le lire étant jeune mais je ne l’ai pas compris, je l’ai alors mis de côté. J’y suis revenu plus tard et je l’ai trouvé incroyablement puissant.

La période de pandémie que nous traversons nous rappelle étrangement l’atmosphère de Nyarlathotep(1920) …

Ca y est, Nyarlathotep est arrivé ?

Lovecraft aurait sans doute été intéressé par cette pandémie, même si, en tant qu’esprit rationnel, il devait savoir que celle-ci finirait par disparaître. (Malheureusement, il y a peu de traces de ce qu’il a pu penser de l’épidémie de grippe espagnole de 1918–1919. Les lettres de cette époque sont rares, donc peu de discussions autour du sujet.)

Son esprit scientifique l’aurait amené à ridiculiser les antivax, les complotistes, ainsi que les autres idiots et escrocs si bruyants aujourd’hui.

The Shadow of The Time, Astounding Stories, Juin 1936, illustrations de Howard V. Brown.

Tout ça ne veut pas dire que Lovecraft ne pensait pas que la civilisation occidentale (et peut être l’humanité) était vouée à s’effondrer puis disparaître. Dans The Shadow out of Time il imagine que la race humaine sera remplacée par des scarabées philosophes !

Il y a ce cliché sur Lovecraft, “le reclus de Providence” , un auteur-vampire dormant le jour et écrivant la nuit. Ce qui m’a sans doute le plus surpris en lisant votre travail, c’est l’humour de Lovecraft ! Grandpa Theobald était donc quelqu’un de “drôle” ?

Lovecraft était effectivement un type plutôt drôle ! Cet aspect m’a surpris moi aussi alors que je faisais mes recherches pour ma biographie. L’humour dans les lettres de Lovecraft est varié, d’un argot ludique, en passant par les jeux de mots jusqu’aux blagues de toutes sortes. Il aimait se moquer de lui-même, comme dans le poème The Dead Bookworm.

Lovecraft en compagnie de William J. Dowdelldevant l’ Hotel Brunswick, Boston, 1921. Credit : HPLovecraft Archive

L’humour est aussi présent dans sa weird fiction, même s’il est profondément enfoui sous l’horreur. Un aspect de son humour peut s’approcher de la satire misanthrope quand, dans Les montagnes Hallucinées, il écrit que les Grands Anciens ont créé un « mammifère primitif à l’allure maladroite» utilisé comme « nourriture » ou comme « bouffon».

En cette période de confinement les descriptions du Vermont, de la Nouvelle-Angleterre, des Appalaches par Lovecraft nous permettent de voyager …

Le paysage a toujours été personnage à part entière dans les textes de HPL. Vous appelez « régionalisme cosmique » la dernière et meilleure phase de l’évolution de la pensée esthétique de HPL. Pourriez-vous expliquer cette notion ?

Même s’il se présentait comme un admirateur de l’Angleterre, Lovecraft aimait vraiment sa terre natale, mais il était en retard dans son exploration.

Jusque dans les années 20, il dit ne s’être aventuré que dans les états du Rhode Island, Massachusetts et Connecticut. C’est seulement après la mort de sa mère en 1921, et après son mariage raté entre 1924 et 1926 (quand il passe deux années terribles à New York) qu’il commence à voyager plus largement.

Il pousse au nord jusqu’au Québec (Canada), et au sud jusque Key West, l’archipel d’îles situé sur la côte sud de la Floride. Ses villes favorites sont Charleston (Caroline du Sud), Richmond (Virginie) et bien d’autres. Il apprécie beaucoup les bâtiments publics de Washington, D.C. Tous ces voyages nourrissent d’une certaine façon son écriture.

Carte postale envoyée par H.P. Lovecraft en 1934 — source

La notion de « régionalisme cosmique » fait allusion au fait que Lovecraft aimait ancrer ses histoires dans le réel dès leur début en les plaçant dans des régions existantes, habituellement la Nouvelle Angleterre. Même ses villes imaginaires de Nouvelle Angleterre (Arkham, Dunwich, Innsmouth, Kingsport) étaient calquées sur de vraies villes, et il a emprunté nombre de leurs détails à ses voyages. Mais il n’était pas qu’un « régionaliste ». Il utilisait ces lieux comme tremplins vers des voyages cosmiques à travers l’univers. Il pensait que le conte fantastique (weird tale) devait être fondamentalement un genre réaliste jusqu’à ce que l’étrange ou le surnaturel ne surgisse.

Lors d’un séjour dans le Vermont Lovecraft recueille les légendes locales (notamment autour des engoulevents) pour ensuite les utiliser dans ses histoires. En plus d’être un auteur « régionaliste cosmique », HPL était-il aussi un folkloriste comme pouvait l’être Henry Wentworth Akeley ?

Edith Miniter — source

À vrai dire, la légende des engoulevents est quelque chose qui lui a été raconté par une amie, Edith Miniter, alors qu’il lui rendait visite dans la ville reculée de Wilbraham, dans le centre du Massachusetts.

“The Whippoorwills in the Hills” par August Derleth et illutré par Lee Brown Coye Weird Tales, septembre 1948

Il a en effet visité le Vermont en 1927 et 1928, qu’il a trouvé remarquablement préservé et encore peu développé, contrairement à la Nouvelle Angleterre méridionale, qui était en train de s’industrialiser. Je ne suis pas convaincu que Lovecraft ait été un folkloriste consciencieux , même s’il aimait écouter les légendes qui présentaient une part « d’étrange ».

Plus généralement, il préférait inventer ses propres mythes et légendes, ce qui lui permettait de ne pas être limité par le folklore existant et ainsi laisser libre cours à son imagination.

Pour aller plus loin dans cette direction, de quelle manière les mythes et légendes de la Nouvelle-Angleterre ont-ils pu nourrir la mythologie lovecraftienne ?

Magnalia Christi Americana — domaine public

Lovecraft s’imprégnait très certainement des légendes de Nouvelle Angleterre dès que l’occasion se présentait. Une grande partie provenait de livres, depuis le Magnalia Christi Americana (1702) de Cotton Mathers. Lovecraft possédait une version originale de ce livre ! (Elle était dans sa famille depuis des générations). Il a également lu des œuvres comme Myths and Myths-Makers (1872) de John Fiske ainsi que Myths and Legends of Our Own Land (1896) de Charles M. Skinner. Certaines légendes de ces ouvrages se sont retrouvées dans ses premières histoires comme The Unnamable (1923) et The Shunned House (1924).

La weird fiction est plutôt un genre rétrospectif, s’inspirant d’un folklore remontant à des temps primitifs. Tous les motifs centraux de la weird fiction (fantômes, vampires, sorcières, maisons hantées, etc.) font partie de l’histoire de la culture humaine. Mais, comme je l’ai dit, Lovecraft préfèrera plus tard inventer ses propres mythes.

La Nouvelle-Angleterre semble être une terre particulière pour les titans de la littérature d’horreur américaine, Edgar Allan Poe en tête bien sûr.

Lovecraft a imaginé la région de la Miskatonic / Lovecraft Country avec la trinité Arkham — Innsmouth — Dunwich. Stephen King a sa propre topographie imaginaire avec Castle Rock, Jerusalem’s Lot et Derry. Pourriez-vous expliquer aux Européens que nous sommes en quoi la Nouvelle-Angleterre est si particulière et si inspirante ?

Carte de la Nouvelle Angleterre — domaine public

Beaucoup d’Européens (et, en fait, beaucoup d’Américains !) n’ont pas conscience de la diversité des régions de la Nouvelle Angleterre. Elle est composée de six états (Massachusetts, Rhode Island, Connecticut, Maine, New Hampshire, Vermont) mais chacun de ces états a sa propre histoire remontant au XVIIe siècle.

Lovecraft, même s’il est né à Providence, Rhode Island, aurait pu devenir un résident du Massachussetts. Ses parents y habitent quand, en 1893, son père tombe malade et doit être placé dans un sanatorium. Ce triste évènement ramène Lovecraft et sa mère dans la maison familiale de Providence.

Lovecraft savait que l’histoire du Rhode Island était très différente de celle du Massachussetts. Roger Williams, le fondateur du Rhode Island, était un dissident religieux qui ne supportait pas la théocratie puritaine de Boston et qui quitta l’état pour fonder le Rhode Island en 1636. Ainsi, l’état acquit une réputation de liberté religieuse que le Massachussetts n’avait pas.

Arrestation d’une « présumée » sorcière, illustration de 1883 de Howard Pyle — domaine public

Lovecraft en vint à considérer le Massachusetts puritain comme une région obscure, presque médiévale où l’ignorance et le fanatisme conduisirent aux procès en sorcellerie de Salem en 1692.

C’est pourquoi toutes ses villes imaginaires sont situées dans le Massachusetts, pas dans le Rhode Island. C’est là qu’une atmosphère de terreur menaçante peut être créée en s’inspirant de l’histoire déplaisante de cet état.

Il est intéressant de remarquer que dans presque toutes les histoires se passant dans le Rhode Island, l’horreur disparaît à la fin : The Shunned House, The Case of Charles Dexter Ward, The Haunter of the Dark, etc. C’est comme si Lovecraft ne pouvait pas permettre que son Rhode Island bien-aimé soit souillé par les horreurs persistantes de la sorte de celles habitant l’état voisin !

Pour moi Lovecraft a su exprimer à merveille le mystère du vaste continent américain, là ou l’étrange peut se nicher au fond d’une vallée ou au détour d’un chemin. Bob Leman dans Bienvenue à Sturkeyville , réussit à exprimer ce sentiment d’étrange dans une ville fictive des Appalaches. Quels auteurs conseilleriez-vous pour poursuivre sur cette voie ?

The old Gods Waken — Mandy Wade Wellamn — 1979

Lovecraft est assez unique parmi les écrivains fantastiques américains en ce qu’il puise profondément dans l’histoire et la topographie de sa terre natale. Ambrose Bierce utilise à l’occasion les rudes villes minières de l’Ouest américain comme décor pour ses contes horrifiques mais seulement de façon ponctuelle. Les contes d’Edgar Allan Poe sont habituellement situés dans une région imaginaire, produit de son imagination. En ce qui concerne les Appalaches, Manly Wade Wellman a situé un certain nombre de ses romans et histoires à cet endroit, en s’inspirant assez bien de la culture propre à cette région. Mais c’est à peu près tout !

À défaut de pouvoir nous rendre dans les salles obscures en cette période de confinement, nous avons été nombreux à nous tourner vers les plateformes de streaming pour visionner des films, récents ou anciens. Comment Lovecraft considérait-il le cinéma , forme d’art émergente à son époque ? Quelle importance a pu avoir le film Berkeley Square pour lui ?

Lovecraft avait une piètre opinion des films de son époque, ce que l’on peut comprendre aisément étant donné qu’ils étaient assez grossiers et primitifs en termes de production. Mais Lovecraft avait une vision quelque peu « myope » des films, surtout de ceux tirés d’œuvres littéraires. Il trouvait que ces films devaient être absolument fidèles aux oeuvres, sans quoi ils devaient alors être considérés comme des échecs. C’est pourquoi il méprisait les célèbres Dracula et Frankenstein de 1931.

Lovecraft a vu beaucoup plus de films que ce que les gens pensent : dans les années 1910 il apprécie les comédies de Charlie Chaplin, et dans les années 1920 sa femme Sonia et son ami Frank Belknap Long le traînent pour aller voir toutes sortes de films à New York. Il appréciait les films historiques comme Cleopatra ou The Private Life of Henry VIII (1936).

Berkley Square, Frank Lloyd, 1933

Berkeley Square (1933) le fascine parce qu’il décrit un scénario qu’il a déjà écrit pour The Case of Charles Dexter Ward (1927), à savoir le transfert de conscience à travers le temps. Dans ce film (basé sur la pièce du même titre), la conscience d’un personnage du XXe siècle retourne dans le corps de son ancêtre du XVIIIe siècle. Lovecraft voit le film quatre fois !

Astounding Stories — juin 1936

Il l’a clairement inspiré pour The Shadow out of Time (1934–1935), où des membres de la Grande Race envoient leur conscience faire des allers-retours dans le temps dans les corps de diverses espèces à travers l’univers, pour acquérir des connaissances sur la culture et la civilisation de ces espèces.

De façon plus anecdotique, est-il vrai que Lovecraft a pu exercer temporairement l’emploi d’ouvreur de cinéma ?

Lovecraft’s cellphone booth par Unded

Oui tout à fait ! Un professeur de la Brown University est allé au cinéma dans le centre de Providence vers 1929 et a vu Lovecraft assis là, à vendre des tickets ! Je pense que c’était en soirée. Lovecraft, bien sûr, n’a jamais fait état de ce travail qui n’a sans doute pas duré plus que quelques semaines ou mois. Il n’y pas de raison de douter de cette anecdote.

Lovecraft considérait que les adaptations de romans au cinéma, pour être réussies, doivent leur être scrupuleusement fidèles. Il ne se doutait pas que son oeuvre susciterait tant de tentatives d’adaptations ! Adapter au cinéma Lovecraft, tâche impossible ?

Je ne dirais pas du tout que produire une adaptation fidèle d’une histoire de Lovecraft est impossible. C’est faisable, mais le réalisateur, le scénariste, et toute personne impliquée doit avoir une bonne compréhension de l’essence de l’imagination de Lovecraft. Le point central de l’œuvre de Lovecraft ne sont pas les monstres étranges qu’il a inventés, mais le sentiment de terreur et de crainte que ces entités inspirent aux personnages.

Je pense que quelques films tirés de Lovecraft y sont parvenus, depuis un court-métrage peu connu The Music of Erich Zann (1981), réalisé par John Strysik, jusqu’à la splendide production allemande Die Farbe (2011), tirée de The Colour out of Space. Le réalisateur de ce film, Huan Vu envisage un film situé dans les Contrées du Rêve de Lovecraft. Si jamais il parvient à réaliser ce film, je suis sûr qu’il sera très intéressant.

Certains films qui ne sont pas directement tirés de Lovecraft mais plutôt inspirés de son œuvre sont aussi très réussis. Je continue à penser que Peter Weir a dû lire The Shadow out of Time alors qu’il préparait The Last Wave (1977), tant ce film utilise des éléments clé de l’intrigue de cette histoire.

The Last Wave — Peter Weir — 1977

Ajouter l’adjectif lovecraftien à un livre, une série, un film semble être à la mode …Pour vous, quelle serait votre définition de lovecraftien ?

L’essence de la fiction lovecraftienne est le « cosmicisme » : l’idée que les royaumes de l’espace et du temps sont si vastes que toute civilisation humaine, en fait toute vie terrestre, est un accident insignifiant.

Mais il y a d’autres ingrédients qui peuvent constituer une histoire lovecraftienne efficace. Des récits qui s’appuient sur l’histoire sinistre d’un endroit donné, des récits qui sondent la question de « ce que c’est que d’être humain » (comme dans The Shadow over Innsmouth, où le protagoniste, pensant fuir les horreurs inhumaines peuplant Innsmouth, apprend plus tard être l’une d’entre elles). Des récits qui contournent les motifs standards de la fiction d’horreur en trouvant de nouveaux monstres, notamment ceux qui pourraient surgir des profondeurs de l’espace. Tous ces récits pourraient être considérés comme lovecraftiens.

Pour finir et pour revenir à votre travail, quels sont vos projets actuels ? Y a-t-il encore des choses à écrire sur Lovecraft ?

Source : Hippocampus Press

J’ai travaillé, en collaboration avec David E. Schulz, à la publication complète des lettres de Lovecraft, la série se composera d’au moins 25 volumes ! Environ 12 ou 13 ont déjà été publiés. Chaque lettre écrite par Lovecraft semble renfermer une pépite d’information que nous ne connaissions pas auparavant, alors il est donc possible que de nouvelles découvertes concernant sa vie et son travail puissent encore être faites. J’espère avoir la chance d’étendre ma biographie pour y inclure ces fragments d’informations. Elles ne changeront pas radicalement notre vision de Lovecraft, mais elles apporteront de nombreux détails intéressants. Aussi, chaque génération considère Lovecraft différemment. C’est le cas pour tous les grands auteurs. De tels auteurs parlent différemment aux personnes, et il y aura toujours de nouvelles interprétations de l’œuvre de Lovecraft.

Le confinement touche à sa fin en France. Pour votre part comment s’est-il passé et à quoi l’avez-vous occupé ?

Je travaille à la maison depuis 25 ans donc mon mode de vie n’a pas radicalement changé. Je n’ai jamais été quelqu’un de très sociable, même si j’apprécie la compagnie d’amis partageant les mêmes vues. Nous avons un groupe assez intéressant de passionnés de Lovecraft et de weird fiction ici à Seattle,Washington, et nous avions l’habitude de nous retrouver assez régulièrement. Espérons que nous pourrons reprendre nos réunions dans un futur proche !

Merci infiniment M. Joshi !

Le blog de S.T. Joshi

Artwork Loïc Muzy / Design graphique Bruno Cariou

Les indicibles entretiens de l’Association Miskatonic sont sous licence CC BY-NC-ND 4.0

L’association Miskatonic organise à Verdun en octobre le Campus Miskatonic, une convention dédiée à l’oeuvre de H.P. Lovecraft.

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