Les Indicibles Entretiens #21

Bonjour Joseph. merci encore d’avoir accepté de répondre à mes questions. Pourriez-vous vous présenter pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

Je vis depuis plus de vingt ans en Toscane, à Florence, mais j’ai grandi entre le 20e arrondissement et la banlieue nord de Paris, où j’ai également fait toutes mes études. Ma passion pour la littérature et pour l’écriture remonte à mon adolescence et a fini par me faire dévier du cursus scientifique que j’avais commencé. Après des études littéraires assez poussées (doctorat de littérature anglaise), mes choix professionnels ont toujours gravité autour de l’écriture : traducteur, concepteur-rédacteur, scénariste… Quant à mon parcours d’auteur, j’ai publié deux courts romans en italien (étant d’origine italienne, je suis bilingue depuis l’enfance) avant Quand on parle du diable, mon premier roman français, en 2020, et Je suis les ténèbres, paru en février dernier. Voilà pour les généralités !

Question rituelle : comment s’est faite votre première rencontre avec H.P. Lovecraft ?

S’il faut déterminer un instant zéro, mon premier contact avec Lovecraft a eu lieu dans la cour de mon collège, quand j’avais treize ou quatorze ans. Pendant la pause déjeuner, des camarades s’étaient réunis dans un coin en retrait du chaos bruyant de la cour pour jouer à un jeu étrange : L’Appel de Cthulhu. Je n’ai pas tardé à intégrer le groupe et à acheter mes premiers livres d’HPL, en commençant par L’Affaire Charles Dexter Ward. Ai-je besoin de préciser que le coup de foudre a été immédiat ?

Pour en savoir plus sur l’Appel de Cthulhu en France c’est ici !

Qu’est-ce qui vous a séduit dans l’œuvre du “maître de Providence” ?

La première chose qui m’a séduit est le caractère absolument original de sa mythologie et de son imagerie, qui ne ressemblaient à rien de ce que j’avais rencontré auparavant — ni, d’ailleurs, à rien de ce que j’ai rencontré depuis. Ensuite, pour les amateurs de littérature d’épouvante, Lovecraft est ce qu’il y a de plus noir. Chez lui, aucun compromis. Le lecteur, pris dans les rets d’un style étrange, est entraîné dans les engrenages d’un récit de plus en plus sombre, extrêmement froid et rationnel, d’où tout sentiment communément humain semble avoir été évacué. On sait que l’on avance vers un final horrifiant que rien ne viendra empêcher, ni mitiger — cela nous est très souvent annoncé dès le début ! Avec le temps et au fil des relectures, j’ai commencé à m’intéresser au personnage Lovecraft — à sa vie, ses idées, ses phobies, sa vie privée — ainsi qu’à sa correspondance, qui comme on le sait est incroyablement volumineuse. Les lettres d’HPL, où l’écrivain se livre ouvertement, jettent une lumière toute particulière sur ses œuvres, car elles permettent de mieux pénétrer et cerner les enjeux d’une esthétique qui est souvent jugée de façon un peu superficielle.

Quelles serait votre définition de l’adjectif “lovecraftien” ?

Ce n’est pas une « définition », mais je ne peux pas m’empêcher d’associer cet adjectif à l’inscription que Dante lit au-dessus de la porte qui va le mener aux enfers : « Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance ». Ensuite, littérairement parlant, il y aurait beaucoup à dire sur ce qui fait « le style Lovecraft », mais si je dois citer une caractéristique qui fait la particularité de cet auteur, c’est celle-ci : HPL est un créateur de mythes. Il renoue avec le genre littéraire le plus ancien de l’humanité : la cosmogonie — et si cela peut sembler paradoxal pour un esprit aussi scientifique et rationnel que le sien, eh bien, ce paradoxe est éminemment « lovecraftien ».

Mis à part Lovecraft, quels sont les auteurs ou autrices qui ont influencé votre travail ?

Vous vous en doutez, les écrivains capables d’enflammer mon imagination et de me donner du cœur à l’ouvrage sont très nombreux. J’en citerai trois, sans établir de classement, mais la liste pourrait prendre plusieurs pages. Borges, pour moi, n’est pas un simple auteur : Borges est la littérature. J’ai une véritable passion pour Jack Vance, dont les œuvres pleines d’inventions, d’élégance et d’humour sont traversées par un grand vent de liberté créatrice. Quant à Thomas Pynchon, ses romans (je pense en particulier à L’arc-en-ciel de la gravité et Contre-jour) me laissent bouche bée… Allez, d’autres noms plus « lovecraftiens », dans le désordre : Gustav Meyrink, Alfred Kubin, Mervyn Peake, T.E.D. Klein, Hanns Heinz Ewers, Karen Russell, Thomas Ligotti, Michael Shea, John Langan… Dernier très gros coup de cœur, la trilogie du « Vorrh » de Brian Catling, qui je crois est en cours de traduction.

Quand sera traduit The Fisherman ?

Comment vous est venue l’idée de ce roman “Je suis les ténèbres” ? Quels éléments d’Au cœur des ténèbres vous ont semblé suffisamment “lovecraftiens” pour en proposer votre propre version ?

Couverture du grand Mike Mignola pour la version Penguin Classics Deluxe Edition

L’idée m’est venue lors d’une relecture d’Au cœur des ténèbres. Arrivé au passage où Kurtz expire sur le steamer du capitaine Marlow, en prononçant ses derniers mots devenus célèbres — « l’horreur, l’horreur… » — et qui résument à eux seuls l’expérience qu’il a vécue dans les tréfonds de la forêt congolaise, parmi des indigènes qui l’ont divinisé, je me suis fait une réflexion : l’horreur… cosmique ? Cette question, qui au début n’était qu’une simple boutade, m’a accompagné pendant plusieurs jours et pris un tour de plus en plus sérieux. Le roman de Conrad est aussi noir et potentiellement aussi « lovecraftien » (voir plus haut !) que ce que Lovecraft a jamais écrit. Marlow, le narrateur, ne nous apprend rien sur ce que Kurtz a effectivement vécu dans la jungle (même si on peut supposer que Kurtz le lui a révélé avant de mourir). Enfin, Kurtz — dont on ne sait au fond que très peu de choses et qui quand on le rencontre dans le récit est malade, au bord de la folie, suite à des expériences aussi effroyables que mystérieuses — n’a-t-il pas le profil typique du narrateur lovecraftien ? Bref, je me suis dit qu’il y avait là suffisamment de marge pour écrire un récit fantastique « à la HPL » en bonne et due forme, moyennant une petite opération de détournement littéraire.

Un bateau à vapeur sur le fleuve Congo

Comment s’est déroulée l’écriture de ce roman ? Comment s’attaque-t-on à un monument comme Au cœur des ténèbres de Conrad ? Votre éditeur a-t-il été facile à convaincre ?

Tout a commencé par un véritable déluge d’idées et quelques jours de prise de notes frénétique — après quoi, bien sûr, il a fallu faire un tri très sévère. La phase de recherches qui a suivi a été assez longue. Il s’agissait de me renseigner sur l’environnement et le moment historique qui allaient servir de cadre à mon histoire. En particulier, j’ai lu ou consulté beaucoup d’écrits d’explorateurs, de scientifiques ou de simples voyageurs des années 1880–1900 : un travail nécessaire, passionnant et très inspirant, mais aussi parfois un peu frustrant car on sait qu’on n’utilisera qu’une infime partie des éléments intéressants que l’on découvre… Par ailleurs, je me suis livré à plusieurs autres relectures très minutieuses d’Au cœur des ténèbres, qu’il s’agissait de respecter à la lettre tout en évitant le piège de la redondance. Autant que possible, s’entend, car Kurtz et Marlow suivent le même parcours, rencontrent les mêmes personnages… Mais je me suis toujours efforcé de développer, dans les limites que je m’étais fixées (à savoir : écrire un texte qui ne dépasse pas en longueur Au cœur des ténèbres ou des récits les plus longs de Lovecraft), des aspects que Conrad avait un peu survolés. Par exemple la longue marche entre Matadi et Léopoldville, ou encore le personnage du métis, qui chez Conrad est simplement évoqué au détour d’une phrase et qui chez moi fait l’objet de presque tout un chapitre.

Heart of Darkness | Joseph Conrad, Peter Kuper, Maya Jasanoff

L’idée était de construire un réseau cohérent de références et de renvois sans que cela n’affecte la fluidité du texte et sa fonction première, qui est de captiver et de divertir le lecteur : lui donner, dans la mesure de mes moyens, une jouissance littéraire immédiate. Au fond, dans Au cœur des ténèbres, roman éminemment symboliste, Conrad n’a pas procédé autrement, et je n’ai pas le sentiment de m’être « attaqué » à son œuvre, tout au plus d’avoir profité des grands courants ascendants que ce dernier a créé pour m’élever à de bien plus modestes hauteurs. Quant à mon éditrice, je suis très chanceux : je lui ai raconté mon idée et il m’a dès le départ fait entièrement confiance.

Carte des puissancec coloniales en Afrique en 1908.

Est-on dans le pastiche ou plutôt dans l’hommage, ou les deux ?

Plutôt dans l’hommage. En fait, le pastiche est précisément ce que j’ai essayé d’éviter — autant que possible, bien sûr, car l’ambiance lovecraftienne ne peut fonctionner que grâce à certains codes qu’il est impossible d’évacuer tout à fait. Cela, d’ailleurs, vaut pour la littérature de genre en général. Un amateur de romans policiers serait bien déçu de lire un polar sans crime, ni fausses pistes ni commissaire ou inspecteur X pour mener l’enquête. De la même façon, en abordant un récit fantastique, on s’attend à la présence de certains éléments reconnaissables, des « clichés » si l’on veut, que l’auteur met en scène et utilise avec plus ou moins de bonheur. Nous sommes plutôt dans l’hommage, donc, même si les deux idées ne s’opposent pas nécessairement.

Vous étiez-vous fixé une limite, une frontière à ne pas franchir afin de ne pas tomber dans la « parodie lovecraftienne » lors de l’écriture du roman ? Est-ce une chose sur laquelle vous avez été vigilant ?

Oui, c’était une des multiples difficultés que le projet présentait. Encore une fois, mon objectif n’était pas d’écrire un pastiche des nouvelles de Lovecraft comme il en existe des centaines (dont certains excellents), mais d’en capter l’essence. Autrement dit, j’ai essayé de dégager l’« horreur cosmique » de sa gangue de livres maudits, de cultistes hallucinés, de tentacules et de populations génétiquement dégénérées pour mieux décortiquer et mettre en relief ce que cette notion a de pertinent à un niveau, disons, existentiel ou « métaphysique ». Je tiens à rassurer les fans d’HPL : je crois que Je suis les ténèbres contient encore suffisamment d’atmosphères, de clins d’œil et d’éléments bien reconnaissables pour les satisfaire !

L’un des points forts de votre roman est son style, vraiment irréprochable, qui m’a emporté de bout en bout ! Comment travaillez-vous vos textes ? Procédez-vous à beaucoup de réécriture avant d’être satisfait ?

Tout d’abord : merci pour votre compliment. Ensuite : oui, j’ai pour habitude de beaucoup « couver » mes textes. Le travail de l’écrivain, je crois, n’est pas très différent de celui du sculpteur, qui d’abord extrait son bloc de marbre du flanc d’une montagne puis dégrossit, dégrossit et dégrossit encore avant de passer à la phase du polissage. Plus : le texte littéraire est un objet imaginaire autour duquel on doit pouvoir tourner. Par ailleurs, le narrateur de Je suis les ténèbres — Kurtz — est un homme de la fin du dix-neuvième siècle et j’ai voulu faire écho, dans une certaine mesure, au style littéraire de certains écrivains de l’époque.

“The horror ! The horror ! ” Pourriez-vous nous expliquer l’horreur dans Au cœur des ténèbres de Conrad ? Selon vous, en quoi diffère-t-elle de l’horreur cosmique ?

Dans le roman de Conrad, l’« horreur » se réfère à la barbarie des hommes (n’oublions pas que le texte paraît en 1899, alors qu’éclate le scandale du « caoutchouc rouge » et des massacres perpétrés par les colons au Congo) et à la violence aveugle inhérente au monde naturel — elle a aussi une forte composante spirituelle (Marlow nous raconte son périple dans la posture « d’un Bouddha qui prêcherait vêtu à l’européenne et sans fleur de lotus »). Chez Lovecraft, l’« horreur cosmique » exprime l’effroi qui saisit l’homme lorsqu’il prend conscience de son insignifiance à l’échelle du cosmos, quand il se rend compte qu’il est livré à lui-même dans un univers indifférent, sans dieu ni au-delà, au sein duquel son espèce est destinée à s’éteindre très bientôt. Ce qui m’a tout d’abord intéressé dans le rapprochement des deux, c’est que chacun de son côté et chacun à sa façon le Conrad d’Au cœur des ténèbres et Lovecraft appréhendent les ombres cauchemardesques qui s’allongeront sur le XXe siècle et le suivant : chez l’un, la barbarie et la folie génocidaire mues par l’avidité (fièvre de l’ivoire d’abord, puis du caoutchouc, d’autres « matières premières » aujourd’hui), et chez l’autre la possibilité bien réelle d’une extinction du genre humain suite à quelque apocalypse (que l’on peut aujourd’hui imaginer nucléaire, écologique ou venant du fond de l’espace) dont les divinités monstrueuses de sa mythologie peuvent s’envisager comme les hérauts.

Jospeh Conrad (1857–1924) et H.P. Lovecraft (1890–1937)

Dans les deux cas, c’est l’espèce humaine tout entière qui est visée. Par ailleurs, les deux types d’« horreur » confluent et convergent vers un « thème » qui est central dans Je suis les ténèbres : celui du monstre. L’homme est un monstre du fait des monstruosités qu’il commet, mais aussi parce qu’il est, tout bonnement, un monstre parmi les monstres — comme le découvre le narrateur de Je suis d’ailleurs, titre qui n’est pas étranger à celui de mon livre…

The Outsider / Je Suis d’Ailleurs par Erik Kriek

Souvent liée à l’horreur, la folie est un élément typiquement lovecraftien. Quels sont les éléments qui amènent Kurtz à la folie ?

Kurtz arrive au Congo bardé d’idéaux. Philanthrope, il a pour tâche d’écrire un mémoire sur « la nécessité d’abolir les coutumes barbares » des autochtones. Peintre, musicien, écrivain, grand orateur, il nous est aussi présenté comme un humaniste dans le sens renaissant du terme. Autrement dit, il est le champion des valeurs fondatrices des « lumières » et du « progrès » que les grandes puissances prétendent exporter dans leurs colonies, mais qui volent en éclat dès que le personnage est confronté à la réalité de la violence : celle des colons envers les indigènes, celle des indigènes entre eux (« exterminez toutes ces brutes » finit par écrire Kurtz en marge de son mémoire). Cependant, à la suite d’un renversement qui n’est pas montré chez Conrad, Kurtz finit lui-même par embrasser la violence, par pénétrer ses mystères : c’est alors qu’il bascule dans une dimension par-delà le bien et le mal et… dans la folie, car ce sont les racines mêmes de sa personnalité qui sont sapées. Cette folie est d’autant plus effroyable qu’elle a parfois les accents d’une extrême lucidité (cela est fabuleusement bien rendu dans Apocalypse Now).

Jusque-là, le Kurtz de Conrad et le mien ont un parcours identique, même si je prends le contre-pied de l’image qu’on se fait habituellement du personnage tout en rajoutant certains détails importants. Dans Je suis les ténèbres, je me suis amusé à imaginer un double fond lovecraftien à ce naufrage psychologique… Vous me permettrez de ne pas en dire plus !

Pourrait-on rapprocher la folie du Kurtz de Je suis les ténèbres de celle du Arthur Jermyn de Lovecraft (Facts concerning the late Arthur Jermyn, 1920) découvrant l’histoire de ses origines ?

Tout à fait. Pas de généalogie de dégénérés dans Je suis les ténèbres (quoique, qui sait ?), mais, d’une certaine façon, c’est pour des raisons génétiques, ayant trait à certaines caractéristiques psychiques, que Kurtz est attiré au Congo. Remarquons au passage que chez HPL, le Congo, au même titre que l’Antarctique, les abysses océaniques ou l’arrière-pays de la Nouvelle Angleterre, est clairement un topos de l’inconscient : un autre point commun avec le roman de Conrad, qui nous fait comprendre dès le début que le périple congolais de Marlow se double d’un voyage intérieur.

H. P. Lovecraft’s Haunt of Horror #3 | Arthur Jermyn par Richard Corben

En hybridant (thématique ô combien lovecraftienne) le récit de Conrad à l’horreur cosmique de Lovecraft, êtes-vous le Dr Moreau, celui qu’on rencontre dans votre roman ?

Dans mon roman, Moreau (évidemment inspiré du Dr Moreau de Wells) est le pendant rationaliste de Kurtz. Je ne m’y identifie pas particulièrement, même si je crois qu’il y a au fond chacun de nous un peu de Moreau… et un peu de Kurtz. En revanche, si le sens de votre question est : n’avez-vous pas l’impression d’être une sorte de Dr Moreau littéraire, se livrant à des hybridations contre nature — là, oui !

François Busnel est dithyrambique (il évoque même Lovecraft …) lorsqu’il parle de votre roman précédent, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Eh bien, je réitère mes remerciements à François Busnel, qui a vraiment très bon goût ! (Rires.) Que dire de Quand on parle du diable ? C’est un roman beaucoup plus long, porté par un autre type de souffle. Paris, 1917. Grande Guerre : deux armées se pilonnent et s’étripent allègrement à cent-cinquante kilomètres de la capitale. Dans ce contexte, on suit les péripéties d’Aimé Grandin, jeune parisien vivant de petits trafics et ami des peintres avant-gardistes de l’époque (à travers son oncle Géo, faussaire de génie), et de Viktor Tombo, le plus grand illusionniste du monde. Le destin de ces deux personnages va se mêler aux affaires des démons qui contrôlent les puissants de ce monde… Il y est question d’un tableau qui aurait le pouvoir de pétrifier l’humanité entière — et puis : tous aux abris, car Aleister Crowley est de la partie ! La tête vous tourne déjà ? Ce n’est qu’un début ! Même si l’influence de Lovecraft y est moins évidente, les thèmes traités dans Je suis les ténèbres sont déjà bien présents : la violence, la barbarie, l’inconscient, le monstre… Quant à l’« horreur cosmique », elle y est tempérée par un certain humour.

Avez-vous d’autres projets sur lesquels vous travaillez à l’heure actuelle ?

Joker ! Passons à une autre question. Ah, mais… c’est déjà fini ?

Un grand merci pour ces réponses !

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L’association Miskatonic organise à Verdun en octobre le Campus Miskatonic, une convention dédiée à l’oeuvre de H.P. Lovecraft.

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